Spectacle d’effeuillage au Crazy Horse

Note introductive :
Le ruin porn, est un mouvement en photographie récent mettant en scène le déclin de la ville et ses bâtiments en ruine. Ce mouvement artistique rappelle fortement les travaux passés sur la ville morte et son imaginaire de certains artistes du XIXe siècle comme les peintres romantiques.
Nous sommes ni photographes, ni artistes, mais simplement spectateurs. Notre expérience de Detroit, c’était comme entrer dans un film de Ruin Porn grandeur nature. Les balades en voiture permettaient de long travelling sur des kilomètres de ruines avec des ralentissements, des accélérations, accompagnés d’une bande son très RAP US. Une sacret mise en scène !

Michigan Avenue, coucher du soleil

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Nous avons parcouru de nombreux strips. Ce sont de grandes avenues qui traversent la ville. Le moment qui nous a le plus marqué a été la descente de Michigan Avenue en fin de journée. Elle est l’une des plus grandes artères de la ville qui traverse le westside de part en part jusqu’au centre de la ville. Un homme seul qui tente de s’y aventurer à pied peut être considéré comme le Indiana Jones des années 2010 : un archéologue aventurier qui n’a pas froid aux yeux !

Avant d’entrer sur le strip, le décor préliminaire nous aspirait à être Bree Van de Kamp plutôt que Blondin, le « bon » cowboy. L’ambiance Far West et ville fantôme allait venir après… En effet, nous venions de parcourir à cheval dans notre Chevrolet, un suburb très animé et friqué. Le choc a été au moment de rentrer dans Detroit, après l’embranchement avec le parkway (I.94) : le temps s’était comme arrêté ! Au fond, nous voyions de grandes tours scintillantes, nous aspirant vers elles. Une couleur éclatante d’un orange foudroyant s’abattait sur la ville ! C’était l’apocalypse ? Le début de l’enfer et des vices ?

Au début du strip, nous voilà entourés d’une série de Gentleman Club pour dire les choses de façon plus chic. La traduction : bar à strip-tease. On se croirait presque à Las Vegas : colonnades, décors kitch, enseignes toutes plus grosses les unes que les autres. L’effet carton pâte old school était plutôt réussi, émoustillé notre curiosité et alimenté nos fantasmes sur les décors intérieurs. Sombre ? agrémenté de moumoutes rouges défraîchies ? avec une forêt de barres de pole dance rouillées ? dans un coin, un taureau mécanique grinçant chevauché par une blonde peroxydée cinquantenaire ?
Au moment où nous avions passés ce secteur, ce n’était pas encore trop glauque, mais nous ne pouvions pas nous arrêter de penser que la nuit, des putes et des dealers se trouvaient à chaque angle de rue. De quoi attirer le touriste en manque de sensation forte. C’est aussi un peu l’idée qu’on s’était fait du coin après lectures de nombres faits divers lus dans les journaux…
En réalité, nous ne nous attendions pas à trouver la partie la plus vivante de la rue.

Après cette entrée en fanfare, nous avons passé plusieurs minutes à regarder plusieurs kilomètres d’immeubles abandonnés. A vue d’oeil, 50% des façades de la rue. Pour vous donner une image de l’ambiance, pensez aux guirlandes de Noël de mémé datant des années 1950, posées sur un sapin sans épines. La rue était quasiment vide, animée seulement par les quelques voitures qui ne faisaient que passer, et par certains coins de la rue où se trouvaient de grosses enseignes Liquor. Les locaux venaient ici chercher de quoi se réchauffer le coeur. Mais où étaient passés les habitants !? Des extra-terrestres venaient de les aspirer ? Les vampires les avaient tous mangés ?


Michigan Avenue – Detroit from bruyant hugo on Vimeo.

Lorsque le strip est entré dans le quartier de Corktown, nous débarquions à « Hipster City » avec pour étendard, la Central Station qui la Michigan Avenue longe… La rue était devenue presque trop lisse avec ses petits restaurants et bars tout neuf. Garer la voiture devenait galère : place aux parkings vélos. Nous retrouvons tous les stéréotypes de la « branchitude », des barbus à bonnet, équipés de leur appareil photo et à boire de la bière locale dans un quartier « Hype ». Bien que ces nouvelles activités redynamisent le quartier et ce qui est un bon point, on y retrouve que des blancs ou des noirs de classes aisées. Encore une fois, ce lieu n’est pas accessible à tout le monde…

PS : le Crazy Horse existe vraiment à Detroit. La preuve !

Capture d’écran 2014-09-26 à 09.25.07

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